Réussir le 60ème anniversaire de l’OTAN - colloque avec José Maria Aznar -Assemblée nationale, le 22 janvier 2009
Lundi 16 mars 2009 Jean-Pierre Raffarin,
Ancien Premier ministre, Sénateur de la Vienne,
Président délégué de la Fondation Prospective et Innovation,
Le rendez-vous d’avril pour l’anniversaire de l’OTAN sera d’une densité exceptionnelle : au bord du Rhin, il mettra en valeur la relation franco-allemande en matière de sécurité, il exprimera la volonté des européens de renforcer ou non la politique de sécurité et de défense, il sera l’occasion d’accueillir en Europe le nouveau Président américain qui présentera sa vision de l’avenir de la sécurité du monde, il validera la stratégie nouvelle de la France…
Depuis 2003, date toute récente où l’Union Européenne menait sa première intervention de police en Bosnie de réels progrès ont été enregistrés en matière de diplomatie et de défense. Concordia, Althéa, Artemis on été des opérations européennes difficiles et les interventions extérieures de l’Union sont restées principalement civiles.
En avril, la France sortira d’une certaine ambiguïté en assumant, à la fois, ses choix européens et son alliance transatlantique. La plus mauvaise situation serait d’avoir deux systèmes de défense faibles : un qui reste une promesse politique, un espoir la défense européenne et l’autre qui est une forme d’intervention de l’OTAN qui ne serait pas aboutie. Pour franchir avec succès cette étape décisive, il faudra progresser simultanément sur la gouvernance de l’OTAN et sur les progrès de la défense européenne. Sur ce terrain, le rapprochement de la France et de la Grande-Bretagne ne devrait pas nuire à la toujours nécessaire proximité politique franco-allemande.
Nicolas Sarkozy a raison de penser que les nouveaux membres de l’Union européenne ne feront pas le choix de la défense européenne tant que subsistera une suspicion française sur l’OTAN. Je me souviens de Vaclav Havel me parlant d’un sommet de l’OTAN comme s’il s’agissait d’un sommet européen, au fond pour lui c’était à peu près la même chose, l’Europe et l’OTAN c’était cette liberté qui était de l’autre côté. Les pays de l’Est aujourd’hui, des pays membres de l’Union, attendent beaucoup de la France vis-à-vis de l’OTAN pour pouvoir avancer sur la sécurité commune et la défense européenne.
L’OTAN se définit plus par des valeurs que par un territoire. C’est pourquoi, il est nécessaire de rapprocher le G20 du 2 avril à Londres consacré à la refonte du capitalisme et le sommet de Strasbourg et Kehl, les 3 et 4 avril. La véritable question est au fond de savoir si nous sommes capables d’avoir des visions communes. Parce que le retour aux valeurs c’est cela aussi. C’est de faire en sorte qu’il apparaisse clairement que malgré nos histoires différentes, nos traditions différentes il y a des valeurs qui nous sont communes. Ceci n’exclut nullement la possibilité pour la France de bâtir d’autres solidarités, notamment avec les grandes puissances émergentes afin de préserver la diversité cultuelle ou de promouvoir le développement durable.
Nous devons profiter de ces circonstances, du débat sur les valeurs, de la nécessité de faire vivre une Europe à 27 pour faire comprendre aux pays qui ont gagné la liberté en regardant vers l’Ouest que nous n’avons pas le souci de diviser l’Ouest mais d’être capable de partager une vision commune.
OTAN - intervention de José Maria Aznar

