Veuillez trouver ci-dessous le compte-rendu de la rencontre avec Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur du Gabon en France à l’occasion du cycle « Afrique – France – Chine », ainsi qu’une version PDF dudit compte-rendu : CR Ambassadeur Gabon 

 

Réunion autour de S.E.M. Flavien ENONGOUÉ

Ambassadeur du Gabon en France et Représentant permanent auprès le l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF)

 

La relation triangulaire « Afrique – France – Chine » :

L’Ambassade Haute Représentation du Gabon en France, Représentation permanente auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) informe de ce que, ce mardi 3 mars 2020, S.E.M Flavien Enongoué a reçu l’ancien Premier Ministre français Jean-Pierre Raffarin, Président de la Fondation Prospective et Innovation (FPI), qu’accompagnait le Directeur Général de ladite Fondation, Monsieur Serge Degallaix. L’entretien, qui a eu lieu au Salon des Ambassadeurs, précédait le petit déjeuner-débat qu’accueillait l’Ambassade dans le cadre du Cycle de conférences organisées cette année par cette Fondation autour de la relation triangulaire Afrique-France-Chine.

Personnalité invitée pour cette session, l’Ambassadeur Flavien Enongoué a présenté au public, constitué essentiellement d’une vingtaine de membres et de soutien de la FPI et de quelques collaborateurs, une communication sur Les visages de la peur dans la relation triangulaire Afrique-France-Chine. L’hypothèse mise en oeuvre par le Haut Représentant du Gabon en France est que cette peur, en tant que passion négative, constitue un obstacle majeur au développement des relations de coopération triangulaire, et qu’il importe d’en avoir parfaitement conscience pour travailler à sa conjuration. Son propos s’est articulé autour de deux parties : la première portant sur l’identification et l’examen des principaux visages de cette peur co-construite ; la seconde sur l’esquisse des efforts de sa conjuration à travers une « contre-parole » courageuse autour des possibilités de coopération.

S.E.M Flavien Enongoué a fait le constat selon lequel, sur la scène africaine, cette peur se manifeste sous différents visages, dont il a examiné les deux principaux. D’abord la crainte de voir l’Afrique, principalement ses richesses naturelles, ses terres arables, finalement son économie, passer sous le contrôle total d’investisseurs chinois dont la volonté prédatrice serait sans borne. Ce qui donne souvent lieu à des mises en garde de la part des partenaires européens sur les dangers multiformes que courrait l’Afrique à emprunter les nouvelles routes de la soie. Ensuite, de l’avis de l’Ambassadeur Flavien Enongoué, ces mises en garde traduisent, pour l’essentiel, une autre dimension de la peur, celle du déclassement tout à la fois économique, géostratégique et symbolique des partenaires traditionnels de l’Afrique, en l’occurrence occidentaux, dont la France. C’est que, vue des capitales occidentales, l’intrusion de ce nouvel acteur sur la scène africaine, à qui l’on prête en permanence des manoeuvres de conspiration, jette un trouble dans l’intimité des relations traditionnelles.

Il a ainsi montré que cette peur ne date pas du lancement du projet des nouvelles routes de la soie et s’est référé au témoignage éloquent du Président Omar Bongo Ondimba au sujet des réticences de la France au moment de l’établissement des relations diplomatiques du Gabon avec la Chine. L’Ambassadeur Haut Représentant a ensuite expliqué comment, au fil des années, la Chine s’est installée au Gabon, au point de devenir son premier partenaire économique au cours de la décennie écoulée, devant la France qui demeure néanmoins son premier fournisseur. Une position qui, de l’avis de Flavien Enongoué, dispose le Gabon à privilégier des expériences de coopération triangulaire, à l’exemple de la réalisation du Complexe métallurgique de Moanda (C2M), considéré à juste titre comme une grande réussite de partenariat public-privé et l’illustration de ce que peut donner à voir les efforts de conjuration de la peur dans la mise en synergie, par les trois partenaires, des ressources humaines, financières et naturelles.

Les riches échanges avec le public ont permis de s’accorder sur la nécessité de faire montre de lucidité. Enfin, l’Ambassadeur a salué l’engagement personnel de l’ancien Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin, de l’équipe de la Fondation Prospective et Innovation qu’il préside, en soulignant que leur travail participe d’une volonté forte de conjurer la peur et de porter une « contre-parole » féconde à propos de la manière dont peut être utilement gérée, ici et là, en particulier en France, et accessoirement en Afrique, la présence aujourd’hui de la Chine comme l’un des principaux acteurs de la scène internationale.