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COUVRE FEU

 

Déjà six heures
Tôt vient la nuit
Les habitants dans les cités pressent le pas
Vite vite
Sous peine d’une amende il faut se calfeutrer
Il n’est plus de veilleur pour crier dans le noir
« Dormez dormez en paix
Braves gens »
Je t’ai croisée cachée à l’abri de ton masque
L’amande oblique de ton œil
Une brève seconde
A glissé vers le mien le feu de son regard
Une claire étincelle
Vive comme un éclair
J’en restais ébloui transpercé aveuglé
Déjà tu t’éloignais
Nous avions échangé comme des escrimeurs
Le temps du battement d’une épée ou d’un cœur
Ce qui aurait pu être et ne sera jamais
Ta jeunesse et mon âge nous ont interdit
D’entamer vivement une lutte amoureuse
Où j’eusse été trop vite et trop tôt terrassé

 

Jean RECOING