Depuis sa création en 1989, la Fondation Prospective et Innovation a été dirigée par deux Présidents, tous deux Sénateurs de la Vienne. René Monory, qui la fonda, fut notamment Président du conseil général de la Vienne, ministre de l’Economie, Président du Sénat. Jean-Pierre Raffarin, qui la préside aujourd’hui, fut entre autres Président du conseil régional du Poitou-Charentes, Ministre, Premier ministre. Il est aujourd’hui Président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées au Sénat.

Cette continuité est en soi un manifeste, en contrepoint du paradigme typique de l’Europe moderne que fut le thème de la rupture – révolution, invention, retournement copernicien, rupture épistémologique étaient le vocabulaire de l’intelligentsia de l’époque, d’Althusser à Michel Foucault.

Le souci des fondateurs en était le temps long, et pour cette raison précisément une exigence d’intégration des facteurs du futur aux continuités héritées du passé. Déceler ce qui point, et en accompagner l’essor avec sagacité, anticiper ce qui advient, et s’y préparer pour en tirer bon parti, ce n’est pas rompre avec quoi que ce soit, c’est au contraire aviver le potentiel de vie de ce qui est déjà vivant, en lui insufflant un renouveau.

Pour procurer à son département une telle ressource, René Monory décida d’y créer le Futuroscope, espace d’ouverture aux nouvelles technologies, au monde entier, et à l’avenir. Créer une fondation pour l’innovation s’imposait dans un tel lieu.

Initialement tournée vers les nouvelles technologies alors prodiguées par l’Amérique, la Fondation ne fut pas longue à comprendre que la transformation qu’elles induisaient et traduisaient était d’ordre global, appelant une prospective à 360°. Elle s’y employa avec ardeur et succès, conjuguant sa mission d’appui au développement de la Vienne avec une curiosité intellectuelle de plus en plus proactive et de grande envergure.

La continuité de cette évolution la porte aujourd’hui vers un suivi attentif des émergences, dont un travail continuel depuis 2006 sur la Chine lui a conféré l’expertise, dans préjudice d’une veille maintenue à tous les niveaux du changement désormais continuel, depuis la gouvernance mondiale jusqu’aux enjeux territoriaux de proximité, en passant par la problématique européenne ou la crise de la représentation politique.

Fidèle à ses attaches poitevines, qui le lui rendent bien, mais désormais versée dans les débats mondiaux (son Président a par exemple été coopté au Board du Boao Forum, le «Davos asiatique »), la Fondation Prospective et Innovation, reconnue d’utilité publique, œuvre avec constance à améliorer la main de la France dans le grand jeu du monde, qui appelle cette dernière à oser plus que jamais faire preuve d’audace et de génie.