Télécharger ici la brève d’information « Espoir au-delà du Rhin pessimisme en deçà »

 

Les effets sur l’opinion de la crise sanitaire et son corolaire la crise économique sont scrutés par les Instituts de sondage à travers le monde et permettent de jauger le pessimisme des uns et l’optimisme des autres.

De récents sondages (celui d’Ipsos dans le Monde du 15 septembre ou de l’institut de recherche PEW d’août 2020) sont très éclairants. Le pessimisme foncier français n’est pas une nouveauté et beaucoup d’eau a coulé sous le pont d’Avignon depuis que nos voisins allemands exprimaient leurs moments de bonheur personnel en se déclarant « Heureux comme Dieu en France ». Mais, à lire ces sondages, il apparait que l’humeur positive a changé de rive, comme probablement Dieu.

 

Quelques comparaisons chiffrées illustrent ce constat…

Pour six Allemands sur dix, la mondialisation est une bonne chose et ceux qui voient dans la crise actuelle une raison pour travailler davantage à l’international sont majoritaires. Plus d’un Allemand sur deux estime que la situation de leur pays est aujourd’hui bonne contre moins d’un Français sur cinq. Au Royaume-Uni du Brexit, le jugement est plus favorable à court terme, comme pour 2021. Nous sommes seulement un tiers à estimer que la situation s’améliorera l’an prochain  contre la moitié pour nos voisins d’outre-Rhin.

Bien sûr, les performances économiques actuelles expliquent ce hiatus avec l’Allemagne : récession allemande en 2020 de 5,4% contre 9,5% pour la France mais, selon les derniers chiffres de l’OCDE, le redressement serait plus fort pour la France en 2021 avec 5,8% de croissance contre 4,6% pour l’Allemagne. Le Royaume ne ferait pas mieux que la France (mais pas moins bien).

Un sondage de PEW en 2015 dressait le même tableau contrasté entre des pays méditerranéens déprimés (plus de 80% inquiets pour leur avenir) et des allemands confiant aux trois quarts dans ce qui les attend.

Cet état d’esprit profondément pessimiste des Français et de leurs voisins méridionaux  s’exprime aujourd’hui dans leur jugement sur la mondialisation, le protectionnisme et la relocalisation, avec :

  • Une défiance chronique vis-à-vis de la mondialisation qui perd cependant de sa force quand les crises s’estompent comme après la crise des sub-primes.
  • Le sentiment du déclin de la France qui accompagne la défiance à l’égard de la mondialisation dans ses hauts et ses bas
  • Le protectionnisme est un corolaire logique de la défiance vis-à-vis de la mondialisation.

Tout cela complique singulièrement la tâche des gouvernants à moderniser la France, comme on le voit avec la 5G sur laquelle la France est déjà à la traîne, alors que des coalitions d’intérêts hétéroclites se forment pour retarder davantage ou sur les relocalisations dont certaines sont utiles et d’autres néfastes et qui ne peuvent devenir un slogan.

Ces sondages ne sont pas seulement négatifs, des éléments positifs sont présents. On voit que l’opinion publique peut évoluer et que les embellies succèdent à la déprime…

On peut constater dans ces sondages que coexistent la croyance et le protectionnisme et les opportunités offertes par la mondialisation. Le jugement sur l’appartenance à l’Europe est plutôt favorable, seul un tiers des Français considèrent que c’est une mauvaise chose.

Il en ressort de ces enquêtes d’opinion que la pédagogie est plus que jamais indispensable et doit accompagner le travail politique et diplomatique, pour œuvrer à une mondialisation plus soucieuse de l’humain et du respect des Nations.

 

SD et OH