Télécharger ici la brève « Une dépendance peut en cacher une autre »

 

L’attention a été focalisée ces derniers mois sur la place dominante qu’occupe la Chine sur certains produits médicaux liés à la lutte contre la COVID, masques et respirateurs, principes actifs en particulier.

S’il ne s’agit pas d’un arbre qui masque la forêt, cette focalisation pourrait détourner l’attention sur d’autres évolutions en cours aux conséquences lourdes pour l’Europe.

Le bulletin des Conseillers Nationaux du Commerce Extérieur Français de fin juillet publie ainsi une étude d’Éric Bouteiller, CCE Chine sur le secteur pharmaceutique chinois, brève mais éclairante quant à l’avenir du secteur à l’international. Il est actuellement en mutation, ce qui devrait l’amener à être bien plus présent bientôt sur les produits sophistiqués, la haute valeur ajoutée va faire oublier les produits bon marché (mais indispensables) qu’elle commercialise. C’est un phénomène classique de montée en gamme.

L’heure est aujourd’hui en Chine à la consolidation du marché intérieur : le premier au monde en volume, le second en valeur avec une progression de 8% en 2019. Marche forcée vers la digitalisation, adaptation réglementaire pour améliorer les procédures d’essais et de mise sur le marché, réforme des appels d’offres, levées de fonds massives aux Bourses de Hong Kong et Shanghai…

L’internationalisation n’a pas été d’actualité durant cette période de consolidation et de restructuration, qui n’est pas achevée, mais qui prépare des lendemains plus actifs.

La Chine multiplie acquisitions et partenariats à l’étranger. Elle le fait prioritairement (le faisait ?) avec les États-Unis qui, en 2019, représentaient 90% de la valeur des projets. Des accords sino-américains de développement de médicaments permettent d’obtenir les autorisations de mise sur le marché et de se partager la commercialisation à l’international.

La Suisse (laboratoire Roche) a signé un accord de ce type mais, comme le relève Eric Bouteiller, « la détérioration des relations entre la Chine et les États-Unis ne s’est pas traduite en opportunité pour l’Europe ».

Dans les manœuvres en cours au nom de la souveraineté sanitaire et économique, il ne faut pas se tromper de guerre (économique), les laboratoires plus que les blockhaus sont les armes de demain.

 

SD