Modérateur : Serge DEGALLAIX, Directeur général de la Fondation Prospective et Innovation

Intervenants :

  • Jean-Pierre RAFFARIN, Ancien Premier ministre, Président de la Fondation Prospective et Innovation
  • Tertius ZONGO, Ancien Premier ministre du Burkina Faso, Directeur de la Chaire Sahel de la FERDI
  • Jean-Michel SEVERINO, Président d’Investisseurs et Partenaires, ancien Directeur général l’AFD
  • Emmanuel PINTO MOREIRA, Directeur du Département des Economies Pays, Banque Africaine de Développement

 

On ne sait encore la sévérité du choc du COVID-19 sur l’Afrique mais le choc économique qui la frappe d’ores et déjà et qui va s’amplifier sera dévastateur. Il va atteindre une économie africaine en petite forme. L’Afrique est trop diverse, trop disparate pour que l’on raisonne en moyenne mais de forts traits communs existent comme la dépendance aux matières premières, aux transferts de fonds des émigrés, un fort dynamisme démographique, un endettement qui a doublé en dix ans, une insuffisance mobilisation des ressources internes…

La priorité est naturellement de donner les moyens à l’Afrique de riposter à la vague du coronavirus. Le G20 et les bailleurs de fonds s’y emploient.

Mais, il faut déjà penser à la reconstruction qui suivra. L’Afrique est redevenue ces dernières années un terrain de compétition entre grandes et moins grandes puissances. Cela a permis d’ouvrir le jeu et de stimuler les partenaires mais sans vraiment changer la donne. L’aide occidentale à l’Afrique a baissé ces dernières années et les investissements étrangers ont stagné. Les infrastructures sont insuffisamment financées, leur durée d’exécution s’est allongée, la coordination internationale et l’appropriation par les Africains eux-mêmes demeurent imparfaite.

La nouvelle crise économique offre aux partenaires de l’Afrique une occasion historique de dépasser leurs différences et différends. Ce qui se dessine au G20, avec des Chinois qui acceptent les règles multilatérales pour le moratoire et le rééchelonnement des dettes, est un bon signe.

Il faut aller plus loin et privilégier une même approche pour un programme de redressement de l’Afrique. Sous la direction des Africains, partager des analyses, des priorités, des plans d’action pour que la conjugaison des aides soit la plus optimale possible.