Entretiens du Trésor : « Europe/Chine : relever les défis communs » -16 juin 2010
Mercredi 23 juin 2010
Placé sous le patronage de Christine Lagarde, ce rendez-vous organisé par la Direction générale du Trésor et de la Politique Economique a réuni ministres, dirigeants d’institutions internationales, industriels et financiers autour de la question centrale du devenir de la relation sino-européenne.
A l’heure des stratégies de sortie de crise, des chocs monétaires, des grands défis environnementaux, de la recherche d’un nouveau mode de gouvernance mondiale, comment instaurer une relation équilibrée et durable entre l’Europe et la Chine ? Comment approfondir un dialogue initié en 1975 et qui connu des hauts et des bas ?
Les débats ont dans un premier temps porté sur les enjeux stratégiques globaux de la relation entre les deux entités, avant de se focaliser sur les partenariats existants et possibles en matière de commerce et d’industrie. La matinée s’est conclue par une réflexion sur les modalités de mise en place d’une nouvelle gouvernance mondiale, notamment en matière de régulation financière.
Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier Ministre et Président de la Fondation Prospective et Innovation, est intervenu lors d’une première table ronde aux côtés de Kong Quan, Ambassadeur de Chine et France, et de Benoît Coeuré, Directeur général adjoint du Trésor.
Le Sénateur de la Vienne, présenté par Sylvie Kauffmann comme « Monsieur Chine en France et Monsieur France en Chine », a insisté sur les opportunités qu’offre le pari chinois aux dirigeants politiques et chefs d’entreprises. De retour de Chine, il a expliqué qu’il n’avait pas constaté de véritable ralentissement de la croissance, mais davantage un changement dans les composantes du développement économique du pays. Il faut en effet s’attendre à une réorientation du modèle chinois vers son marché intérieur doublée d’évolutions sociales d’envergure, notamment pour les travailleurs.
Dans ce contexte changeant, et alors qu’apparaissent chaque jour de nouveaux défis à relever pour la communauté internationale, la relation sino-européenne apparaît comme fondamentale et vitale, en particulier pour les européens qui ont de « belles cartes à jouer en Chine ». Le défi du nucléaire, celui de l’environnement, la question de la formation, celle des transports, le secteur du luxe…sont autant d’opportunités pour l’Union Européenne de tisser de solides liens avec ses partenaires chinois.
Cependant, la solidité de la relation entre Europe et Chine continuera à être menacée tant que l’Europe ne traitera pas, de façon urgente et efficace, un certains nombre de sujets. Jean-Pierre Raffarin a notamment évoqué trois priorités pour l’Union Européenne : l’élaboration d’une véritable stratégie européenne pour la Chine prenant en compte le caractère multipolaire de notre monde, la convergence –plutôt que l’opposition !- entre intérêts français et allemands en Chine, et le développement de discussions aboutissant à des décisions claires et cohérentes à l’intérieur du G20.
Jean-Pierre Raffarin a conclu son intervention par ces quelques mots sur l’enthousiasme des jeunes chinois : « La jeunesse a envie, la jeunesse est optimiste ! ».
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