FORUM SUR LE PARTENARIAT STRATEGIQUE SINO-EUROPEEN (PEKIN 19-20 novembre) : DISCOURS D’OUVERTURE DE JEAN-PIERRE RAFFARIN

Monsieur le Président,

 

Messieurs les Ministres,

 

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,

 

Mesdames, Messieurs,

 

Cher Amis,

 

Je vais m’exprimer ici au nom de l’Europe, partenaire majeur de la Chine, mais vous savez que je suis aussi un Français, fidèle ami de la Chine.

 

Nous sommes ici réunis pour évoquer le partenariat stratégique sino-européen. Nous ne manquerons pas d’évoquer les points forts et les points sensibles.

 

Je voudrais, dans un premier temps rappeler que ce partenariat entre deux entités si distinctes n’allait pas de soi. En effet, la Chine est un pays à l’histoire multimillénaire, de plus d’un milliard d’habitants. Malgré ses performances économiques impressionnantes, la Chine demeure un pays émergent. L’UE quant à elle est une création de la seconde moitié du 20ème siècle. C’est une organisation qui réunit 27 pays parmi les plus développés du monde.

 

Malgré ces différences, les relations sont anciennes et ne cessent de se densifier :

 

-          Instaurées en 1975, elles sont actuellement régies par l’accord de commerce et de coopération UE-Chine de 1985.

-          En 1998, premier sommet UE- Chine à Londres.

-          Partenariat stratégique établi en 2003.

-          Des négociations visant à développer un nouvel accord de partenariat et de coopération (APC) entre la Chine et l’Union Européenne, ayant vocation à remplacer l’accord de 1985, ont été lancées au Sommet d’Helsinki (2006).

-          Une fois achevé, ce processus permettra d’ancrer la relation UE-Chine dans un cadre global, comprenant tous les sujets afin de donner encore plus d’ampleur à la relation.

 

En outre, il existe plus de 50 accords sectoriels allant de la protection de l’environnement à l’éducation et à la culture en passant par la politique industrielle.

 

 

Les relations entre l’UE et la chine ont connu durant l’année 2009 des temps forts :

 

-          Le Premier ministre, Wen Jiabao a rendu visite à la Commission européenne, le 30 janvier dernier. Les entretiens ont porté sur : la crise financière internationale, le changement climatique. Neuf accords ont été signés à cette occasion pour renforcer la coopération.

 

-          11ème sommet UE-CHINE s’est tenu à Prague, le 20 mai 2009. Le changement climatique, la crise financière et les relations économiques ont été au cœur du sommet. Les deux parties ont réaffirmé leur attachement ferme envers un développement continu du partenariat global stratégique sino-européen. Des accords ont été signés : centre UE-Chine des énergies propres, programme UE-Chine de partenariat scientifique et technologique et Consensus UE-Chine sur la coopération entre les PME.

 

La nouvelle Commission qui verra prochainement le jour, présidée par mon ami, José Manuel Barroso, aura à cœur de donner une nouvelle impulsion à ce partenariat.

 

Ce partenariat entre la Chine et l’UE a connu des progrès incessants. Aujourd’hui, Les relations sino-européennes dépassent de plus en plus le cadre bilatéral pour revêtir une portée mondiale.

 

En effet, si nos relations économiques et commerciales ont été à la base d’un essor considérable des relations, la mise en place de relations politiques fortes s’avère naturellement plus complexe.

 

Je crois qu’il existe des grands dossiers d’intérêt commun qui pourraient être à mon sens, le moyen, l’occasion d’approfondir les relations politiques entre ces pôles majeurs que sont la Chine et l’Europe. Ainsi nous participeront à l’édification d’un monde multipolaire, stable et harmonieux.

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“Politique économique et attractivité des territoires” : intervention de Jean-Pierre Raffarin lors du dîner-débat organisé par la Société d’Economie Politique de Lyon

Monsieur le Préfet de Région, Cher ami,

Monsieur le Député,

Monsieur le Sénateur,

 Mon Général,

 Messieurs les Présidents,

Cher Président BONNET,

cher Jean-Paul BETBEZE, à qui je dois le bonheur d’être parmi vous - le seul économiste qui ne se trompe pas toujours, et en plus qui s’exprime toujours avec humour et sourire : un des meilleurs, et je suis très heureux d’être avec lui ce soir, et avec vous tous.

Vous m’avez demandé de venir parler avec vous notamment de prospective sur la politique économique et l’attractivité des territoires : je dois vous dire combien je suis heureux d’être à Lyon, dans cette métropole qui a fait de la prospective un axe stratégique tout au long de son développement. C’est un sujet que M. Barre appréciait beaucoup : j’ai le bonheur de succéder au président Raymond Barre au club des 100, qui associe gastronomie et prospective - légèrement plus gastronomie que prospective, mais c’est un lieu où l’on réfléchit aussi à l’avenir, et j’ai une certaine émotion à être ici parmi vous dans ces circonstances.

Je remercie M. THOMAS d’avoir présenté mon parcours. J’ai entendu quelques hommages de temps en temps, je suis très prudent sur les hommages, depuis que je sais ce qu’en disait Pierre Brasseur : « un homme qui reçoit une gifle est un homme giflé, un homme qui reçoit un hommage et un homme âgé »

 

Il n’y a vraiment rien qui presse ! Mais merci à M. THOMAS de sa description de mon parcours. En effet, j’ai toujours eu cette passion du métissage intellectuel entre secteur privé et secteur public, entre les fonctions nationales et les fonctions locales, sans cesse en train de chercher les voies de progrès. Ces voies de progrès sont toujours fondées par des rencontres, et je suis en permanence à la recherche de ce type de rencontres.

Il se trouve que je préside la Fondation pour la Prospective et l’Innovation, qui a été créée il y a une vingtaine d’années par René Monory et François Dalle, qui étaient deux grands personnages du monde de l’économie de l’entreprise, et qui avaient monté cette Fondation dont le siège se trouvait au Futuroscope, sur la commune de Chasseneuil.

 

C’est là où s’est bâtie cette réflexion et ce goût pour l’avenir. Lorsque je présidais la région Poitou-Charentes, j’ai toujours essayé de bâtir comme vous des démarches de prospective avec le Conseil économique et social, avec les Chambres consulaires, avec aussi les citoyens. Pour moi, la prospective est un média humain. On pense toujours que la prospective est soit une destination, soit un chemin : pour moi c’est un média, le lieu où l’on rencontre un certain nombre d’informations qui vous servent à prendre votre décision. Quelquefois vous trouvez des informations en dehors du chemin et à côté de la destination, mais cela n’a pas d’importance, car c’est là que sont les informations. Ce qui est très important quand on a à essayer de mobiliser une communauté humaine, ce n’est pas de dire “voilà ce que sera l’avenir”, car l’avenir n’est écrit nulle part. Cela dit, se mettre en situation de rechercher les voies de l’avenir, les leviers du futur, place les personnages en résonance, et à cette occasion, on apprend beaucoup de choses, on se nourrit de beaucoup d’expériences, et on trouve des pistes d’avenir qui n’étaient pas forcément les pistes initiales. Lire la suite

Agenda

- 20- 21 octobre : Partcipation à Madrid au colloque de la Fondation pour l’Analyse et les Etudes Sociales (FAES), consacré aux questions européennes  

 - 2 décembre 8h45 : petit déjeuner de travail consacré à l’examen de la situation économique internationale. Invité : Jean-Paul Betbèze, chef économiste du Crédit agricole.

- 5 décembre 9h30-12H30 : “La crise, la comprendre pour l’affronter”.
Salle la Hune- 86 220
Saint-Benoit

- 22 janvier : conférence de Jean-Pierre Raffarin et José-Maria Aznar sur le thème :
“60ème anniversaire de l’OTAN : bilan et perspectives”. Assemblée nationale.

- 27 janvier : Conseil d’Administration de la Fondation

- 29 janvier 8h30 : petit déjeuner de travail animé par Valérie Niquet, Directeur du centre Asie de l’IFRI.

- 14 mai 8h30 : petit déjeuner de travail animé par Michel Godet, Professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers (titulaire de la Chaire de Prospective Stratégique) : “Démographie, famille, croissance”.

- 25 mai 10h30 : Conseil d’Administration de la Fondation.

- 29 juin 19h30 : Jean-Pierre Raffarin est l’invité du dîner-débat de la Société d’Economie Politique et d’Economie Sociale de Lyon.  Le thème sera : “politique économique et attractivité du territoire”.

- 1er juillet 15h : en partenariat avec Fondations capital, colloque : “Quelle régulation financière après le G20 de Londres ?” Assemblée nationale.

- 2 juillet 8h30 : petit déjeuner de travail animé François Jullien, Directeur de l’Institut de la pensée contemporaine, sur le thème des “transformations silencieuses”.

- 28 août 2009 : Séminaire “La Chine vue des Etats-Unis”, au Futuroscope.

- 20 octobre : Conférence de Jean-Pierre Raffarin à l’Ecole Nationale d’Administration Publique du Québec sur “le leadership à la française“.

- Du 1er au 7 novembre : Accueil d’une délégation de hauts responsables chinois dans le cadre du programme de la Fondation visant à mieux faire connaître la Chine à de jeunes dirigeants politiques français et à des membres de la société civile.

- 19 - 20 novembre : Colloque à Pékin consacré au partenariat stratégique sino-européen.

Jean-Pierre RAFFARIN, président délégué de la Fondation Prospective et Innovation, rend hommage à René MONORY, son fondateur

Mardi 14 avril 2009

René Monory, Sénateur, moderne et sage.

 

 

René Monory a inauguré une nouvelle forme de parcours républicain. Non pas à travers le cursus classique des études comme ce fut le cas par exemple pour un homme comme Georges Pompidou, mais par une voie plus étroite et, à vrai dire, singulière dans un pays marqué par une forte culture administrative et par une faible circulation des élites.

 

René Monory s’est fait tout seul. C’est l’histoire d’un jeune garagiste de Loudun qui est devenu le 2 octobre 1992 le deuxième personnage de l’Etat et qui a fait partie un temps du très petit groupe d’hommes qui auraient pu se voir confier les destinées de leur pays au plus haut niveau.

 

Apprenti garagiste à 15 ans, il conservera de ses origines le goût du travail et de l’effort. Il y ajoutera une capacité d’initiative particulièrement remarquable, nourrie par un appétit d’apprendre et une curiosité de tous les instants bâtie sur une extrême générosité, largement ouverte aux vents du large qu’il s’agisse de sa passion pour les pays d’Afrique ou sa fascination pour les pays les plus avancés, notamment dans le domaine des nouvelles technologies. Il fut sans conteste l’un des premiers hommes politiques français à percevoir le côté positif de la mondialisation et il a eu à cœur très tôt d’en faire bénéficier son département puis ensuite le Sénat.

 

Dès 1984, il lance le projet du Futuroscope de Poitiers, parc européen de l’image, qui reste aujourd’hui une des réalisations les plus emblématiques dans ce domaine en Europe. Visionnaire, il cherche à faire partager ses connaissances. Il est un vulgarisateur de génie.

 

Son entrée au Sénat à 42 ans révèle également une étonnante capacité de gestionnaire forgée dans sa mairie de Loudun et dans son conseil général de la Vienne. Remarqué dans son rôle de Rapporteur général du budget de la commission des Finances, il entre à 54 ans au gouvernement de Raymond Barre comme ministre de l’Industrie puis comme ministre de l’Economie et des Finances, poste qu’il occupera de 1978 à 1981. Il ne sera pas un ministre ordinaire puisque, contre les conservateurs, il militera pour la libération des prix et identifiera son nom à la diffusion de l’épargne populaire. Dans un pays administré où la direction de l’Economie se confondait souvent avec les élites administratives, il fut un défenseur de la libre concurrence mais surtout de l’économie concrète. Après un retour au Sénat, il trouve dans le poste de ministre de l’Education nationale l’occasion de manifester son souci du partage et de transmission des valeurs à la jeunesse. L’alternance de 1988 l’empêchera de poursuivre son ambition de transformation des mentalités, sans laquelle la France ne pourrait pas affronter les nouvelles réalités internationales et mettre en œuvre les capacités considérables de ses enfants.

 

Farouchement indépendant mais habitué à faire confiance, il conquiert de haute lutte la présidence du Sénat le 2 octobre 1992. Jusqu’en 1998, où il sera affaibli par la maladie, il fait souffler sur le Palais du Luxembourg le vent de la modernité, résolu à faire de son assemblée une institution ouverte sur le monde. Il ajoute aux valeurs traditionnelles de pondération du Sénat celles d’attention à une société en mouvement, l’ouverture à l’international et le goût de la réflexion sur l’avenir. A peine élu, il crée une direction des relations internationales, un service de l’informatique et du développement technologique, il lance dès décembre 1995 le premier site Internet d’importance parmi les administrations publiques. Il fait venir au Musée du Luxembourg Bill Gates le 5 février 1997 et ne cesse, à travers ses voyages en Chine, au Japon, en Corée, et régulièrement en Amérique, d’affiner sa connaissance des nouvelles technologies avec le souci ardent de faire partager ces innovations à ses compatriotes. Il transpose à l’administration du Sénat cette ardente passion faisant voyager ses directeurs afin qu’ils participent à l’évolution nécessaire des institutions. Il ne déserte pas pour autant la scène de la politique nationale et c’est pour y démontrer sa fidélité à ses idées et son intérêt pour une économie dynamique et qui sait répartir les profits. Les titres de ses livres résument à la fois son tempérament et son ambition : « combat pour le bon sens », « des clés pour le futur », « la volonté d’agir »…

 

C’est grâce à sa volonté de modernisation que le Sénat peut résister avec succès à la nouvelle tentative de déstabilisation dont il est victime de la part du gouvernement Jospin qui le qualifie « d’anomalie dans les démocraties ». En ajoutant sa modernité à la tradition il compose ainsi un personnage singulier, authentiquement révolutionnaire car porteur d’une culture qui n’est pas celle de l’establishment mais qui seule, on le sait maintenant, était susceptible de maintenir la France à son rang.

 

A sa manière la vie de René Monory est un destin, sans guère de précédent dans la vie politique française ; ce n’était pas le destin d’un boursier, il n’était pas fils de la République des professeurs mais, à sa manière, il a inventé une autre manière de réussir, proposant un modèle particulièrement adapté à une société inquiète et qui ne sait pas toujours faire confiance aux plus humbles.

 

Sa vie est donc en soi un message et nous sommes fiers d’avoir grandi auprès de lui, fidèle à son esprit de modernité.

 

La Fondation pour la Prospective et l’Innovation, dont il a été le fondateur avec son ami François Dalle, fera vivre la pensée et l’esprit de modernité de René Monory.

 

Discours prononcé par Jean-Pierre Raffarin, à l’occasion du 45ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la RPC

Vendredi 20 février 2009

COLLOQUE COMMEMORANT LE 45ème ANNIVERSAIRE DE L’ETABLISSEMENT DES RELATIONS DIPLOMATIQUES ENTRE LA CHINE ET LA FRANCE

Une commémoration est une cérémonie officielle organisée pour conserver dans la mémoire collective un événement de l’histoire partagée et servir d’exemple et de modèle. L’établissement de relations diplomatiques entre nos deux grands pays est certainement à placer dans cette catégorie des évènements heureux, ceux qui changent le cours de l’Histoire et le destin du Monde.

1. LES RELATIONS ENTRE LA FRANCE ET LA CHINE SONT ANCIENNES

Nous appartenons Chinois et Français à des civilisations multimillénaires qui au cours de leur Histoire se sont, en réalité, peu rencontrées, ce qui rend aujourd’hui notre dialogue si fertile, si séduisant et si passionnant. Cependant :

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La Crise : la comprendre pour l’affronter - 5 décembre 2008

Mardi 3 février 2009

« LA CRISE : LA COMPRENDRE POUR L’AFFRONTER »

Colloque présidé par

Jean-Pierre RAFFARIN,
Président délégué de la Fondation Prospective et Innovation,
ancien Premier ministre, Sénateur de la Vienne

Vendredi 5 décembre 2008

Salle La Hune, Saint-Benoît (86)

 OUVERTURE

Jean-Pierre RAFFARIN, Président délégué de la Fondation Prospective et Innovation, ancien Premier ministre, Sénateur de la Vienne
Mesdames, Messieurs, merci à chacune et à chacun d’entre vous d’être présents à ce séminaire de réflexion sur la crise économique. C’est un sujet qui nous inquiète et, en même temps, qui nous fait réagir. Jamais il n’y a eu autant de réactivité politique au niveau mondial comme au niveau français sur une situation économique de cette nature.

Au cours de cette réunion, nous allons essayer, de mieux comprendre toutes les dimensions de cette crise en croisant nos regards et nos expériences pour essayer de mieux l’affronter. Il faut articuler la pensée et l’action. C’est la philosophie de la Fondation pour la Prospective et l’Innovation, créée par  René Monory, d’essayer d’injecter un peu de réflexion dans l’action pour mieux piloter un monde de plus en plus difficile à conduire.

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Cycles de conférences sur la participation politique 2007 - 2008

Jeudi 30 octobre 2008

La participation politique suscite aujourd’hui, dans notre pays mais aussi dans les autres grands pays démocratiques, des interrogations et des inquiétudes. L’essoufflement des formes conventionnelles de la vie politique semble marquer une situation que beaucoup qualifient de crise de la représentation. Il s’agit plus probablement d’une mutation profonde des modes de participation des citoyens à la vie politique, encore accentuée par le développement d’Internet. Ce constat conduit à se demander comment la démocratie représentative peut évoluer et comment le Parlement peut concilier représentation et participation ?

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L’humanisme de la diversité : allocution de Jean-Pierre Raffarin au campus d’été de la FAES

Vendredi 24 octobre 2008

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les élus, Mesdames, Messieurs,

 
C’est pour moi un honneur que de répondre, mon cher José Maria, à ton invitation. Nous avons pour votre président un profond respect. Il a été un grand chef du gouvernement espagnol, un grand président du Conseil européen.

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